Forces Primordiales

Forces Primordiales
Ô! Que la Dame se lève, Soleil Brillant!
Q
u'accompagne le Jour, le Lumineux,
Dans son voyage éternel, cette ronde infinie,
Q
ue la Haine pousse à l'envie,
Fils du Fils de Laufey,
Fi
ls du Fils de la ante aux Psages,
Le Loup court et bave sa rage,
Sy
mbole immémorial des sombres êtres,
I
l n'a que pour rôle d'aantir la Lumre.

Et pourtant, ils courent, les ants,
Et
pourtant, ils ne sont pas tous Haine,
La Dame qui Chasse accompagnée par la meute,
Sa
it bien entendre le cor de la guerre,
Et la Dame de Force qui conduit les Loups,
S
ait bien rendre les services,
Tandis que l'Ase adop prend sur lui,
Les déshonneurs qui conquirent le monde,
Et le Feu brûle de l'impatience des jours!

V
ous, vous, Chaotiquesnes,
Vous êtes l'Ordre et l'Oxymore,
Vous êtes le Paradoxe du Chaos,
Sans vous, Ordre n'a plus cours,
Sans vous, Chaosgnera,
Je souris et vous souris,
C
ar vous êtes les oubliés,
Car l'on vous a terni,
Forces primordiales, ants au coeurs d'airain!

J'avais envie d'écrire sur les Jotuns... Ca peut être mal vu? Je m'en fous, ces figures m'intéressent et me fascinent... <3

# Posté le vendredi 07 mars 2008 12:13

Modifié le lundi 24 mars 2008 09:29

Ma vie pour tes yeux

Ma vie pour tes yeux
Une, deux, trois gouttes. Les perles de rubis emplissent le calice d'écarlate. Il pulse, il bat, déborde de vie, et pourtant chaque eau le fait déborder de fiel, qui s'étale, qui se vide sur la terre et s'emplit toujours à la source des haines et des rancoeurs.
La pluie s'écrase sur le bitume, inondant de sang la rue hurlante qui se débat dans les bras du miroir brisé d'une vie déchue. Le cri se pousse du bout des lèvres, en contemplant le ciel livide, cadavre nécrosé à la larme d'ébène prise au coin de l'oeil d'un Père trop tendre pour l'implacable travail de sa mort.
La pluie s'abat, la pluie assassine, ses lames de glace transperçant l'échine des jours, ses lames de fer arrachant les gémissements de la nuit. La vitre se reflète dans le miroir, et un rayon blafard d'une divine lumière illumine d'amaranthe et de vermeil les ruines abattues d'un esprit damné.
La pluie s'écrase, la pluie s'oublie, quand se croisent les vies étranges des passantes. Elle fuit, elle part, elle s'envole dans l'avenue, ses longs cheveux d'or et de blé brillant dans les ternes couleurs de la vie. Elle se retourne, et elle sourit, ses lèvres pâles ouvrant les portes de la rouge rose des sentiments! Silhouette menue, silhouette gracile, d'une jambe blanche et agile, la poitrine ronde, elle respire et elle est ce que je n'aurais jamais pu être. Et son regard, ciel d'azur aux perles d'or, apporte le calme qui se reflète dans les ciels de l'été. Et son regard, turquoise cerclée par les blés, m'évoque un vers trop longtemps oublié...

Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne.


Thanks to Baudelaire, Tristan Corbière, Laforgue pour leur passantes magiques et envoutantes, Mythe de la Passante baudelairienne...
Thanks to Apollinaire, à qui j'ai emprunté un vers de "Colchique", la dernière phrase de ce texte qui n'est point de moi, mais bien de lui...

# Posté le samedi 15 mars 2008 14:15

Modifié le samedi 15 mars 2008 16:21

Le violon

Le violon
Le cri déchire l'aube,
Le voile se fend et se fissure,
Sous la lame noire,
Calme d'une tempête.

Assise sur sa colonne,
Elle regarde, tranquille,
Ses notes s'envolent,
Mineures d'une nuit sans lune.

La chevauchée sauvage,
Roule dans les cieux,
Gronde la vie,
La mort se fait.

Elle plaque ses accords,
Harmonies mineures pour
Tremblements majeurs,
Pâle et blême dans la vie.

Le coeur de pierre,
Dans la poitrine d'ivoire,
Dans le corps d'albâtre,
Et pourtant, elle sourit.

Elle s'apaise le corps battu,
Elle se calme les os gelés,
L'archet glisse,
De ses mains blanches.

Les cordes se tendent,
Les corps se brisent,
Le violon rejoint l'humus,
Suivi d'une perle d'écarlate.

# Posté le vendredi 21 mars 2008 13:33

Vivre...

Vivre...
Allumer une flamme dans le noir.
Regarder la lune au travers des stores fermés.
Voguer, de pages en pages, dans un livre, dans un site internet.
Bailler aux corneilles, les genoux chauffés par le portable.
Se balader sans but.
Chercher à comprendre le monde sans chercher à le comprendre.
Oublier la science pour la poésie.
Comprendre qu'il n'y a pas que les textes.
Apprendre, pour tout désapprendre.
Désapprendre pour connaître les Dieux.
Savoir que la Lore n'est pas uniquement textuelle.
Lire, lire, lire.
Avant la fin.
Savoir qu'on a enfin trouvé des gens de sa voie.
Et regretter qu'ils habitent si loin.
Se sentir seule dans sa quête.
Et découvrir que d'autres tentent leur chance, comme nous.
Puis, écouter le chant du Vent...
Définir sa tradition, sans s'enfermer dedans.
Oublier les contraintes.

Quelques mots pour une vie... Vivre, c'est quoi, pour vous?
Ces mots jetés comme cela?

# Posté le samedi 22 mars 2008 09:33

Le Rite du Condamné.

Note: l'image est là juste parce qu'elle est chouette et qu'elle a un vague rapport... ;)
Note 2: Heureusement que Miss Wilwy était là pour voir mes GROSSES bourdes O_O Merci Wilwyyyy!!

{Warning: Contenu peut être très limite, gore, sanglant, avec des allusions sexuels assez glauques. Je vous le dirais pas assez: si vous êtes SENSIBLES, passez TOUT DE SUITE votre chemin. Ser n'a jamais été quelqu'un de très... bref.}

Il se tourna vers son vieil ami, un masque neutre plaqué sur son visage pâle. Il était d'une taille moyenne, livide comme un cadavre, enveloppé dans sa longue cape d'ébène. Ses yeux rouges s'étaient éteints, et les ailes qui se situait au niveau de ses oreilles, comme tous ceux de sa race, battaient faiblement.
-Ser.. Ne me dis pas que... Tu... gémit l'autre.
Son vis-à-vis était taillé dans une longue silhouette élancée, une silhouette dont l'une des jambes manquait, et son visage, dur, aux angles aigus, se marqua d'une tristesse infinie. Ses yeux pâles brillèrent un instant, et il secoua la tête.
-Tout ça parce qu'il...?
-Il refuse d'entendre que je ne veux pas. Je n'ai plus de raisons d'avancer, si c'est pour souffrir, Amhèn. Mon héritier a quatorze ans, c'est bien suffisant.
-Mais...
-J'en avais huit quand l'on m'a nommé Grand Prêtre. Il a l'âge et la maturité suffisante, je le sais.
-Ce n'est pas cela qui me fait peur, Ser... Tu es sûr de toi...?
-Aussi sûr que je peux l'être. Mon dernier conseil pour Hébantia sera de ne jamais faire confiance à ceux qui prétendent t'aimer et veulent te forcer à dire ce que tu refuse de dire. Ce n'est pas de l'amour. Ce n'est que du voyeurisme, de la haine déguisée...
-...
-Va chercher les autres Prêtres et annonce le Rituel du Chant! Je vais rejoindre la Louve, et ma mémoire sera confiée à Hébantia!
-Très bien. Vos désirs sont des ordres, Grand Prêtre.

Il avait retiré cette longue cape, symbole de son travail. Il avait retiré sa sombre tunique, et il se dressait, torse nu, face à l'immense statue de la Louve. Les yeux fermés, les lèvres closes, droit comme la Justice.
Autour de lui, le Chant s'éleva. Il savait que ce qu'il faisait allait blesser Carmin. Mais Carmin l'avait tué. Un coup pour un coup. Une mort conclurait à ravir cette histoire qui ne s'était construite qu'autour de concessions qui le tuaient à petit feu. Il ne pleurerait pas, parce qu'il avait oublié toute idée d'amour.
Ne plus jamais aimer.
"Hébantia, n'aime jamais, car aimer, ce sera te tuer. C'est un suicide pur et simple. Celui qui prétend t'aimer ne fera que t'arracher le coeur. Arrache lui le sien quand tu auras compris ce qu'il fait."
La pensée dernière de celui qui sait qu'il va mourir.
Il rouvrit les yeux, et contempla la Louve. La Mère. Celle qui Sait.
Un sourire pâle traversa ses lèvres, et le Chant s'arrêta.
Le premier coup parti, et il chanta, à pleine voix, les reins transpercés, le sang coulant lentement du bas de son dos, roulant, chaud, épais, tachant son pantalon d'une blancheur immaculée.
La deuxième lame traversa son corps, et son chant prit de la force. Au-dessus du nombril. Symbole de force et d'énergie. Centre des volontés. Il avait toute sa volonté. Il voulait mourir, à tout jamais. Disparaître, pour toujours. Son corps lentement se couvrait du suc écarlate, de la sève des vies.
Trois, quatre, cinq. Un de ses poumons fut touché, et s'il crachait du sang, peu lui importait. Le chant le transportait. La douleur l'emmenait loin. Les bulles rouges au coin de ses lèvres blanches? Peu lui importait. C'était la Louve qu'il désirait. Qu'Elle le morde et le transperce, qu'Elle lui accorde la jouissance de mourir. Éternellement.
Six. La gorge allait bientôt être transpercée. En lui, montait un plaisir insoupçonné. Celui de savoir, comprendre, vivre. La souffrance n'était rien. La disparition, un tout. Il fallait crever de douleur pour comprendre. Mais jamais il ne remercierait celui qui l'avait forcé à prendre cette voie trop tôt. Il suait l'écarlate, et son corps, tendu dans une jouissance qui n'avait de commun que son étrangeté, s'était couvert de blanc et de rouge. Il faisait l'amour à la Mort, flirtait avec Celle qu'il avait toujours servie, et qui lui rendait ses services avec les caresses de l'inconnu.
Et enfin, le septième coup, la septième lame, le délivra, d'un coup sec. Il vomit son sang, il tomba à la renverse, le corps dévoré, transpercé par Ses crocs. La libération attendue, qui le transportait dans des confins inconnu de voluptés teintés d'amarante, d'écarlate et de vermeil. Il avait vécu, grandi, dormi, et il mourut dans le lit de roses rouges de Celle qui Délivre les Siens, de Celle qui Délivre les Sens, et fait jouir le condamné, adoucit sa mort, en lui donnant la joie de faire l'amour avec Elle.

Mourir, pour être délivré.
Mourir, pour jouir de la Liberté.
Mourir, pour ne plus souffrir de ceux qui disaient aimer.
Mourir, l'orgasme du condamné.
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# Posté le lundi 24 mars 2008 09:00

Modifié le mercredi 26 mars 2008 05:55