Note: l'image est là juste parce qu'elle est chouette et qu'elle a un vague rapport... ;)
Note 2: Heureusement que Miss Wilwy était là pour voir mes GROSSES bourdes O_O Merci Wilwyyyy!!
{Warning: Contenu peut être très limite, gore, sanglant, avec des allusions sexuels assez glauques. Je vous le dirais pas assez: si vous êtes SENSIBLES, passez TOUT DE SUITE votre chemin. Ser n'a jamais été quelqu'un de très... bref.}
Il se tourna vers son vieil ami, un masque neutre plaqué sur son visage pâle. Il était d'une taille moyenne, livide comme un cadavre, enveloppé dans sa longue cape d'ébène. Ses yeux rouges s'étaient éteints, et les ailes qui se situait au niveau de ses oreilles, comme tous ceux de sa race, battaient faiblement.
-Ser.. Ne me dis pas que... Tu... gémit l'autre.
Son vis-à-vis était taillé dans une longue silhouette élancée, une silhouette dont l'une des jambes manquait, et son visage, dur, aux angles aigus, se marqua d'une tristesse infinie. Ses yeux pâles brillèrent un instant, et il secoua la tête.
-Tout ça parce qu'il...?
-Il refuse d'entendre que je ne veux pas. Je n'ai plus de raisons d'avancer, si c'est pour souffrir, Amhèn. Mon héritier a quatorze ans, c'est bien suffisant.
-Mais...
-J'en avais huit quand l'on m'a nommé Grand Prêtre. Il a l'âge et la maturité suffisante, je le sais.
-Ce n'est pas cela qui me fait peur, Ser... Tu es sûr de toi...?
-Aussi sûr que je peux l'être. Mon dernier conseil pour Hébantia sera de ne jamais faire confiance à ceux qui prétendent t'aimer et veulent te forcer à dire ce que tu refuse de dire. Ce n'est pas de l'amour. Ce n'est que du voyeurisme, de la haine déguisée...
-...
-Va chercher les autres Prêtres et annonce le Rituel du Chant! Je vais rejoindre la Louve, et ma mémoire sera confiée à Hébantia!
-Très bien. Vos désirs sont des ordres, Grand Prêtre.
Il avait retiré cette longue cape, symbole de son travail. Il avait retiré sa sombre tunique, et il se dressait, torse nu, face à l'immense statue de la Louve. Les yeux fermés, les lèvres closes, droit comme la Justice.
Autour de lui, le Chant s'éleva. Il savait que ce qu'il faisait allait blesser Carmin. Mais Carmin l'avait tué. Un coup pour un coup. Une mort conclurait à ravir cette histoire qui ne s'était construite qu'autour de concessions qui le tuaient à petit feu. Il ne pleurerait pas, parce qu'il avait oublié toute idée d'amour.
Ne plus jamais aimer.
"Hébantia, n'aime jamais, car aimer, ce sera te tuer. C'est un suicide pur et simple. Celui qui prétend t'aimer ne fera que t'arracher le coeur. Arrache lui le sien quand tu auras compris ce qu'il fait."
La pensée dernière de celui qui sait qu'il va mourir.
Il rouvrit les yeux, et contempla la Louve. La Mère. Celle qui Sait.
Un sourire pâle traversa ses lèvres, et le Chant s'arrêta.
Le premier coup parti, et il chanta, à pleine voix, les reins transpercés, le sang coulant lentement du bas de son dos, roulant, chaud, épais, tachant son pantalon d'une blancheur immaculée.
La deuxième lame traversa son corps, et son chant prit de la force. Au-dessus du nombril. Symbole de force et d'énergie. Centre des volontés. Il avait toute sa volonté. Il voulait mourir, à tout jamais. Disparaître, pour toujours. Son corps lentement se couvrait du suc écarlate, de la sève des vies.
Trois, quatre, cinq. Un de ses poumons fut touché, et s'il crachait du sang, peu lui importait. Le chant le transportait. La douleur l'emmenait loin. Les bulles rouges au coin de ses lèvres blanches? Peu lui importait. C'était la Louve qu'il désirait. Qu'Elle le morde et le transperce, qu'Elle lui accorde la jouissance de mourir. Éternellement.
Six. La gorge allait bientôt être transpercée. En lui, montait un plaisir insoupçonné. Celui de savoir, comprendre, vivre. La souffrance n'était rien. La disparition, un tout. Il fallait crever de douleur pour comprendre. Mais jamais il ne remercierait celui qui l'avait forcé à prendre cette voie trop tôt. Il suait l'écarlate, et son corps, tendu dans une jouissance qui n'avait de commun que son étrangeté, s'était couvert de blanc et de rouge. Il faisait l'amour à la Mort, flirtait avec Celle qu'il avait toujours servie, et qui lui rendait ses services avec les caresses de l'inconnu.
Et enfin, le septième coup, la septième lame, le délivra, d'un coup sec. Il vomit son sang, il tomba à la renverse, le corps dévoré, transpercé par Ses crocs. La libération attendue, qui le transportait dans des confins inconnu de voluptés teintés d'amarante, d'écarlate et de vermeil. Il avait vécu, grandi, dormi, et il mourut dans le lit de roses rouges de Celle qui Délivre les Siens, de Celle qui Délivre les Sens, et fait jouir le condamné, adoucit sa mort, en lui donnant la joie de faire l'amour avec Elle.
Mourir, pour être délivré.
Mourir, pour jouir de la Liberté.
Mourir, pour ne plus souffrir de ceux qui disaient aimer.
Mourir, l'orgasme du condamné.